PMA & FIV
Déroulement FIV : les étapes expliquées simplement (sans jargon)
Stimulation, ponction, transfert... Voici le déroulé d'une FIV étape par étape, sans blabla médical, pour savoir exactement à quoi t'attendre.
Tu viens d’avoir le feu vert pour la FIV et tu as l’impression de devoir réviser pour un examen de médecine ? Stimulation, ponction, transfert… Ces mots te semblent à la fois pleins d’espoir et un peu effrayants. C’est normal. La première fois que j’ai accompagné Léa (32 ans, en parcours FIV après 2 ans d’essais), elle m’a dit : “J’ai lu 10 articles, mais j’ai l’impression de ne rien comprendre. C’est comme si on me parlait en code.”
Dans cet article, on va décortiquer ensemble, étape par étape, le déroulement d’une FIV. Sans jargon, sans chichis. Juste les faits, pour que tu saches exactement où tu mets les pieds et que tu puisses reprendre un peu le contrôle.
Avant de commencer : les examens et le protocole personnalisé
Avant même la première piqûre, il y a une phase de préparation. Ton médecin va te prescrire une série d’examens : prises de sang pour vérifier tes hormones, échographies pour évaluer tes ovaires, parfois un test de la réserve ovarienne. L’objectif ? Adapter le protocole à ton corps.
Il existe deux grands types de protocoles :
- Le protocole long : on bloque d’abord ton cycle naturel avec un traitement (souvent une pilule ou un spray nasal), puis on stimule tes ovaires. C’est le plus courant.
- Le protocole court : on commence la stimulation dès le début de ton cycle, sans blocage préalable. Moins lourd, mais parfois moins efficace.
“Pourquoi moi je fais un protocole long et pas ma copine ?” C’est une question que j’entends souvent. La réponse est simple : parce que ton corps est unique. Ton âge, ta réserve ovarienne, tes antécédents médicaux… Tout ça influence le choix. L’idée, c’est de maximiser tes chances à toi, pas de suivre une recette toute faite.
En savoir plus sur les examens pré-FIV et comment les préparer pour aborder cette étape sereinement.
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Étape 1 : La stimulation ovarienne (les piqûres, sans panique)
Le but
Dans un cycle naturel, ton corps ne produit qu’un seul ovocyte. Avec la stimulation, on en obtient plusieurs (idéalement entre 8 et 15), pour augmenter les chances de fécondation.
Comment ça se passe ?
Tu vas devoir t’injecter des hormones (FSH, LH) tous les jours, pendant 8 à 12 jours. Oui, toi-même. Au début, l’idée peut faire flipper, mais la plupart des femmes que j’accompagne me disent après : “C’était moins pire que ce que j’imaginais.”
- Où piquer ? Dans le ventre (autour du nombril) ou dans la cuisse. La peau est fine, ça fait moins mal.
- Quand ? Toujours à la même heure, le soir de préférence.
- Avec quoi ? Des stylos injecteurs (type stylo à insuline) ou des seringues fines. Ton équipe médicale te montrera comment faire.
Les effets secondaires
- Physiques : ventre gonflé (comme avant les règles, mais en plus marqué), fatigue, parfois des maux de tête.
- Émotionnels : irritabilité, sautes d’humeur. C’est normal, c’est hormonal. Préviens ton entourage pour qu’ils ne prennent pas tout personnellement.
Le suivi médical
Pendant cette phase, tu auras des prises de sang et des échographies tous les 2-3 jours. C’est pour ajuster les doses si besoin et éviter l’hyperstimulation (un effet secondaire rare mais sérieux). “Chez moi, on a baissé la dose au 5ème jour parce que mes ovaires réagissaient trop fort”, m’a raconté Sophie, 34 ans. “Sans ce suivi, j’aurais peut-être fait une hyperstimulation.”
💡 Astuce : Prépare tes affaires la veille (stylos, cotons, glace pour atténuer la douleur). Et si tu stresses, respire profondément avant de piquer. Ça détend les muscles et ça fait moins mal.
Étape 2 : La ponction folliculaire (le jour J pour récolter les ovocytes)
C’est quoi ?
Une petite intervention sous anesthésie (locale ou générale, selon les centres) pour prélever les ovocytes. Ça dure 15-20 minutes, et tu ne sens rien.
Comment ça se passe ?
- La veille : tu dois être à jeun (pas de nourriture ni de boisson après minuit).
- Le jour J : on te donne un sédatif (si anesthésie locale) ou on t’endort (si générale). Le médecin introduit une sonde par voie vaginale et aspire le liquide des follicules pour récupérer les ovocytes.
- Après : tu restes en observation 1-2 heures, le temps que l’anesthésie se dissipe. Tu peux avoir des crampes (comme des règles douloureuses) et des saignements légers.
Ce que personne ne te dit
- C’est rapide : la plupart des femmes sont surprises par la brièveté de l’intervention. “Je m’attendais à quelque chose de long et impressionnant, mais en réalité, c’était fini avant même que je réalise”, m’a confié Camille.
- Tu ne verras pas tes ovocytes : ils sont envoyés directement au labo. Pas de photo, pas de compte rendu en direct. C’est frustrant, mais c’est comme ça.
- Prévois un accompagnant : tu ne pourras pas conduire après (à cause de l’anesthésie). Et moralement, c’est plus facile d’avoir quelqu’un à tes côtés.
⚠️ Attention : Évite les rapports sexuels et les tampons dans les jours qui précèdent la ponction. Ton col est plus sensible, et le risque d’infection est réel.
Étape 3 : La fécondation en laboratoire (la magie opère en coulisses)
Les deux techniques
- FIV classique : on met les ovocytes et les spermatozoïdes en contact dans une boîte de Petri. La fécondation se fait “naturellement”.
- ICSI (injection intracytoplasmique) : on injecte un spermatozoïde directement dans l’ovocyte. Utilisée en cas de problème de mobilité des spermatozoïdes ou de faible nombre d’ovocytes.
Le développement des embryons
- J1 : fécondation (si tout va bien, on voit 2 pronuclei, signe que l’ovocyte a été fécondé).
- J2-J3 : division cellulaire (l’embryon doit avoir 4 à 8 cellules).
- J5-J6 : stade blastocyste (l’embryon a plus de 100 cellules). C’est à ce stade qu’on fait souvent le transfert, car les chances d’implantation sont meilleures.
Ce qui peut arriver
- Tous les ovocytes ne sont pas fécondés : c’est normal. En moyenne, 60-70% des ovocytes fécondent.
- Aucun embryon ne se développe : ça arrive, surtout si les ovocytes ou les spermatozoïdes ne sont pas de bonne qualité. “On m’a annoncé qu’aucun de mes 12 ovocytes n’avait fécondé. J’ai pleuré, puis j’ai réalisé que c’était juste un échec de labo, pas un échec de moi”, raconte Élodie, 36 ans.
💡 Astuce : Pendant cette phase, occupe-toi l’esprit. C’est une période d’attente angoissante, et le meilleur remède, c’est de ne pas rester focalisée dessus. Cinéma, lecture, balades… Tout est bon pour décompresser.
Étape 4 : Le transfert d’embryon (le moment tant attendu)
Comment ça se passe ?
- Préparation : tu dois avoir la vessie pleine (pour faciliter l’échographie de guidage). Bois 1L d’eau 1h avant.
- Le geste : le médecin introduit un cathéter fin dans ton utérus et y dépose l’embryon (ou les embryons, si transfert multiple). C’est indolore, comme un frottis.
- Après : tu peux te lever tout de suite. Pas besoin de rester allongée pendant des heures (contrairement à ce qu’on entend souvent).
Combien d’embryons transférer ?
- Un seul (transfert unique) : recommandé pour éviter les grossesses multiples (risque de prématurité, complications).
- Deux : parfois proposé en cas d’échecs répétés ou d’embryons de moins bonne qualité.
“J’ai transféré deux embryons parce que le premier transfert avait échoué. Résultat : des jumeaux !”, m’a dit Laura. “C’était un choc, mais aujourd’hui, je ne regrette rien.”
Et après ?
- Repos : pas de sport intense, mais tu peux vivre normalement (travail, courses, etc.).
- Traitements : progestérone (ovules ou injections) pour soutenir l’endomètre.
- L’attente : 10 à 15 jours avant la prise de sang pour savoir si c’est positif.
Découvre comment gérer l’attente des résultats après un transfert sans devenir folle.
Étape 5 : Gérer l’attente des résultats (les fameux 15 jours)
Ce que tu vas ressentir
- Physiquement : symptômes de grossesse (seins tendus, nausées)… ou pas. Ne te fie pas à ça, c’est trop tôt pour être fiable.
- Émotionnellement : montagnes russes. Un jour tu es optimiste, le lendemain tu es convaincue que c’est raté.
Comment survivre à cette attente ?
- Occupe-toi : planifie des activités qui te changent les idées (sorties, projets perso).
- Parle-en : à ton partenaire, à une amie, à un groupe de soutien. Garder ça pour toi, c’est épuisant.
- Évite les tests urinaires : trop tôt, ils peuvent donner des faux espoirs ou des faux négatifs. Attends la prise de sang.
“J’ai fait 10 tests urinaires en 10 jours. Résultat : 5 négatifs, 5 positifs. J’ai fini par faire une crise de nerfs. La prise de sang a confirmé que c’était négatif”, avoue Manon. “Maintenant, je sais : un seul test, le jour J.”
Le jour de la prise de sang
- Si c’est positif : félicitations ! Mais attention, c’est juste le début. Le taux d’hCG doit doubler toutes les 48h pour confirmer une grossesse évolutive.
- Si c’est négatif : c’est dur. Permets-toi de pleurer, de crier, de tout lâcher. Et rappelle-toi : un échec, ce n’est pas un échec de toi. C’est juste un essai de plus.
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FAQ : Tes questions sur le déroulé de la FIV
Est-ce que la stimulation ovarienne fait mal ?
Les piqûres peuvent être un peu douloureuses au début, mais on s’habitue vite. Le plus gênant, c’est souvent le ventre gonflé et la fatigue. Si la douleur devient intense (comme des règles très fortes), préviens ton médecin : c’est peut-être un signe d’hyperstimulation.Combien de temps dure une FIV du début à la fin ?
Compte environ 6 à 8 semaines entre le début de la stimulation et le test de grossesse. Si tu congèles des embryons, le processus peut s’étaler sur plusieurs mois (voire années) avec des transferts successifs.Peut-on travailler pendant une FIV ?
Oui, la plupart des femmes continuent à travailler. Les rendez-vous médicaux (échographies, prises de sang) ont souvent lieu tôt le matin. En revanche, prévois de poser un jour pour la ponction et le transfert.Pourquoi certains embryons ne se développent pas ?
C’est multifactoriel : qualité des ovocytes, des spermatozoïdes, conditions de culture en labo… Parfois, c’est juste une question de hasard. Un embryon qui ne se développe pas n’est pas un échec de ta part.Que faire si la FIV échoue ?
D’abord, laisse-toi le temps de digérer la nouvelle. Ensuite, discutes-en avec ton équipe médicale pour comprendre ce qui a pu clocher (qualité des embryons, endomètre, etc.). Parfois, un ajustement du protocole suffit pour le prochain essai.Charlotte Pons — Accompagnante en périnatalité, certifiée HypnoNaissance® depuis 2019. J’accompagne les femmes et les couples sur le chemin de la conception, en cabinet près de Montpellier et en visio. Plus sur mon univers complet : 9moisdedouceur.fr.